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Abdellatif Maâzouz présente une vision intégrée au service du développement territorial

M. Abdellatif Maâzouz, Président du Conseil de la Région Casablanca-Settat, a affirmé à Tanger que la migration ne peut plus être appréhendée uniquement comme un phénomène social ou économique, mais qu’elle constitue désormais un levier stratégique du développement territorial et une composante essentielle à prendre en considération dans l’élaboration de nombreuses politiques publiques.

M. Maâzouz a rappelé que, sous les Hautes Orientations Royales, le Maroc a adopté des mesures juridiques visant à favoriser l’intégration des migrants, notamment après la régularisation de leur situation administrative, leur permettant ainsi de bénéficier des droits de résidence, de la couverture sociale, de la formation, de l’emploi et de la scolarisation de leurs enfants.

Il a également souligné l’importance que le Royaume accorde à sa communauté établie à l’étranger, en veillant à son implication dans la vie publique nationale, que ce soit en tant qu’élus au sein des collectivités territoriales, des régions ou du Parlement, ou à travers les différentes instances consultatives. Cette démarche vise à renforcer leur contribution au développement territorial et économique du pays, ainsi que leur attachement au Maroc, conformément aux dispositions de la Constitution du Royaume.

Ces déclarations ont été faites lors de son intervention à la conférence internationale de haut niveau consacrée aux défis et aux opportunités des élus issus de la migration, organisée le mercredi 24 juin 2026 à Tanger, dans le cadre des travaux du Congrès mondial de l’Organisation des Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU/UCLG), tenu du 22 au 25 juin 2026 sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, sous le thème : « Une nouvelle génération de services publics locaux inclusifs ».

M. Maâzouz a expliqué que les transformations démographiques accélérées et la mobilité croissante des populations constituent désormais des facteurs déterminants dans l’orientation des politiques publiques et la refonte des modèles de développement territorial. Il a ainsi appelé à passer d’une gestion conjoncturelle des migrations à une vision anticipative intégrant la mobilité humaine dans la planification et le développement aux niveaux local, national et régional.

Il a indiqué qu’en 2024, le Maroc comptait 148 152 résidents étrangers, représentant environ 0,4 % de la population résidente, dont près de 60 % sont originaires du continent africain. La Région Casablanca-Settat accueille, à elle seule, 60 902 résidents étrangers, soit près de 0,8 % de sa population, ce qui en fait la première destination des migrants à l’échelle nationale.

À cette occasion, M. Maâzouz a formulé plusieurs recommandations pratiques :

  1. Adopter une approche globale de la mobilité humaine, prenant en compte à la fois les flux migratoires entrants et sortants, afin de concevoir des politiques de développement capables d’accompagner les évolutions démographiques et d’orienter les systèmes de production selon les spécificités locales et les dynamiques de mobilité.
  2. Créer un Observatoire national ainsi que des observatoires régionaux de la mobilité humaine, chargés de suivre et d’analyser les mobilités internationales, régionales et locales, de produire des données fiables au service des politiques urbaines, économiques et sociales, et de développer des mécanismes d’identification et d’attraction des compétences répondant aux besoins des territoires et des secteurs économiques.
  3. Mettre en place une plateforme des compétences, réunissant les différents niveaux de responsabilité, des élus locaux aux hauts responsables de l’État, afin de mettre en relation les compétences avec les besoins des pays et des territoires. Cette plateforme intégrerait également un dispositif de mentorat destiné à renforcer les capacités des élus dans l’exercice de leurs responsabilités et la gestion des affaires locales. Les outils numériques et l’intelligence artificielle constituent, à cet égard, une opportunité de valoriser les compétences de la diaspora, au bénéfice des pays d’origine comme des pays d’accueil, dans une logique gagnant-gagnant.
  4. Mettre en place des structures régionales décentralisées à vocation civile et sociale, dépassant la seule approche sécuritaire, afin d’assurer l’accueil, l’orientation et l’accompagnement des migrants et des personnes de retour, tout en proposant un accompagnement spécifique aux Marocains du monde.
  5. Assurer une représentation des élus issus de la diaspora au sein des instances internationales œuvrant dans le domaine de la gouvernance territoriale, afin de renforcer leur contribution à l’élaboration des politiques liées au développement local et à la migration.

En conclusion, M. Maâzouz a souligné que l’intégration de la mobilité humaine dans les politiques territoriales ne constitue pas seulement une réponse aux mutations démographiques, mais représente également une véritable opportunité pour renforcer l’attractivité des régions, mobiliser les compétences et développer des services publics locaux plus inclusifs et mieux adaptés aux besoins d’une population de plus en plus diversifiée.